LaTeX en master : mission impossible ?

En ce moment, c’est pour moi une période de rédaction de mémoire de M1. Pour tous les autres travaux de rédaction que j’ai pu faire dans ma vie d’étudiant, j’ai sorti mon traitement de texte préféré (alias LibreOffice, parce que je préfère le libre en général).

Mais en cette première année de master, j’ai fait ressortir mes vieux instincts de terminale S spécialité Informatique et Sciences du Numérique (eh oui…) que j’ai mélangés avec ceux de geek curieux : je me suis lancé le défi d’apprendre à rédiger en LaTeX.

Comment en arriver à LaTeX ?

Je connaissais déjà LaTeX de loin, comme ça ; j’en avais vaguement entendu parler. Pour moi c’était un truc pour les profs de maths nerds qui voulaient faire de beaux sujets d’examens, parce que c’est le meilleur « truc » pour écrire des formules et symboles mathématiques…

Mais, dans le cadre de mon cours sur les humanités numériques, j’ai appris qu’on pouvait aussi utiliser LaTeX… en sciences humaines ! Qui plus est, qu’il existait un manuel spécialement dédié à cela, sous licence libre et gratuit, rédigé par un chercheur en SHS[1]… Curiosité piquée au vif, je me lance et dès que j’arrive chez moi, je télécharge le manuel. Je lis les tutos d’installation, que j’applique immédiatement. Logiciel paré. Et après … c’est parti !

Mais LaTeX, c’est KeWa au juste ?

TeX, LaTeX, XeTeX, XeLaTeX… que de noms pour désigner un langage de composition de documents à partir d’un balisage. On utilise ici un logiciel d’édition de texte, et pas de traitement de texte. La différence ? Le traitement de texte s’occupe en même temps de la mise en sens et de la mise en forme du texte, elles sont ici équivalentes. L’éditeur de texte est un logiciel dans lequel le contenu sera uniquement du texte complété par un balisage que LaTeX va compiler, c’est-à-dire interpréter.

Par exemple, si j’écris « Ceci est dangereux » dans mon traitement de texte. Je mets « dangereux » en italique pour indiquer que le mot « dangereux » est important. En LaTeX, on déclare au moment de la rédaction que le mot « dangereux » est important par la commande \emph (diminutif de emphasize=mettre en valeur). Le logiciel interprète donc que le mot est important, et met en forme automatiquement, comme il convient selon les normes typographiques en vigueur.

Ce que je dis risque d’être nébuleux pour les néophytes, imprécis pour les connaisseurs. Je vous renvoie au manuel si vous désirez plus de précision, il est à cet égard très complet.

Ce qu’il faut retenir c’est qu’avec LaTeX, vous vous concentrez sur la mise en sens du texte. Vous n’avez quasiment jamais à faire de travail de mise en forme (même si c’est possible), le langage et le logiciel s’occupe de cela pour vous, en fonction de ce que vous lui avez dit d’interpréter.

Apprentissage

J’ai appris LaTeX en autodidacte en quelques semaine de travail régulier. Bon, il faut que je précise que je connaissais, par le biais de mes expériences scolaires passées, l’HTML, CSS et Javascript. C’est loin d’être la même chose, mais la logique est là, surtout pour l’HTML, et cela a certainement dû faciliter mon apprentissage.

Au départ, je suivais le manuel, en tentant de reproduire les exemples qui s’y trouvait. Je passe certaines étapes ou certains tutos qui ne me servent pas pour le master (comme c’est le cas sur les notations bibliques ou les numérotations de vers) car cela permet d’apprendre plus vite. Ici, on apprend mieux, en quelque sorte, quand la chose a de l’intérêt pour nous.

Au fur et à mesure, je me suis forcé à rédiger des documents assez courts en LaTeX, comme des comptes-rendus de lecture ou de séance pour les cours. Ce genre d’exercices permet de se confronter à certains problèmes que j’aurais pu rencontrer lors de la rédaction du mémoire, et donc de les résoudre en se posant les bonnes questions. C’est pour moi la meilleure manière d’apprendre le LaTeX en autodidacte : se forcer à chaque occasion de l’utiliser pour ensuite s’habituer à la syntaxe, connaître par cœur certaines commandes. De plus, résoudre des problèmes est aussi un moyen de parfaire sa connaissance de la logique du langage (en plus d’être assez provocateur de joie).

Plus on utilise LaTeX, plus on est efficace. Je suis d’ailleurs, en seulement 3 mois d’utilisation, plus efficace avec LaTeX qu’avec un traitement de texte car je n’ai pas sous les yeux les imprécisions formelles qui piquent les yeux et demandent une correction immédiate sur traitement de texte. Je reste concentré sur ce que j’écris, rien d’autre.

Mais vous pourriez me dire : « Ouais d’accord, mais pourquoi ? Moi j’aime bien mon traitement de texte. Pourquoi j’irai me farcir de l’apprentissage pour un truc que je fais déjà bien avec autre chose ? Et puis ça a l’air compliqué les langages de programmation, et puis… »

Oui oui oui … la réponse au prochain billet !

[1] ROUQUETTE, Maïeul, (Xe)LaTeX appliqué aux sciences humaines

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